Pourquoi j’ai choisi le bambou?

Quand j’ai commencé à fabriquer des culottes pour les règles ou les fuites urinaires, j’ai cherché pendant des mois un tissu, bio, doux et (très) absorbant, à partir d’une fibre naturelle cultivée en Europe (pour ne pas restreindre à la France), puis filée et tissée en Europe, avant d’être intégrée à un vêtement en France. Et bien ma conclusion c’est que ça s’appelle une LICORNE ! 
Alors oui, il existe quelques utopistes entreprenants qui cherchent à restaurer une industrie textile française, notamment à partir du lin et du chanvre, mais ça va encore leur prendre 10 ans, et je suis ça de près 😉

En ce moment, il y a des polémiques sur le bambou qui ne serait pas « écolo » circule sur Internet. Comme dans cet article :
https://www.neonmag.fr/non-le-bambou-nest-pas-un-materiau-si-ecolo-que-ca-il-peut-meme-etre-tres-polluant-535658.html

Perso, pour mes culottes, j’ai choisi le bambou. Non seulement j’assume, mais je vous explique pourquoi le bambou et pas les alternatives utilisées ailleurs.

Le Bambou c’est quoi ?

Le bambou est un végétal originaire d’Asie, qui appartient à la famille des Poaceae  c’est-à-dire qu’il s’agit d’une plante de type graminée, qui pousse comme du chiendent (européen), et le chiendent c’est aussi…. une Poaceae !
Bref ça pousse tout seul, c’est même plutôt envahissant, ça demande pas d’entretien (à part éviter qu’il n’envahisse le voisinage) et c’est utilisé par l’être humain depuis le Néolithique.
(https://fr.wikipedia.org/wiki/Bambou)

On peut même le manger : http://recetteschinoises.blogspot.com/2016/04/raviolis-aux-ciboulettes-et-pousses-de.html

Pour info :
a- L’Eucalyptus est un arbre, originaire d’Australie, et seul le koala possède les enzymes nécessaires pour le digérer.  Il est transformé en fibre textile par le même procédé que le bambou.
Même si il pousse vite pour un arbre, c’est plus délicat et surtout il consomme beaucoup d’eau. Et en étant capable d’assécher des marais entiers, il augmente la probabilité de feux de forêt. De plus, il se transforme très mal en biomasse (biodégradabilité).
En termes de bilan carbone/transport, on est dans les mêmes rapports que le bambou.
(https://fr.wikipedia.org/wiki/Eucalyptus)

b- Tous les tissus absorbants qui utilisent le terme de « tissu technique » contiennent entre 50% et 100% de matières synthétiques (polyester le plus souvent), donc issues du pétrole. C’est pas cher, c’est très absorbant, mais ce sont des fibres synthétiques. Et là, je vous invite à questionner avec un peu plus de vigilance leurs fabricants.

« Oui mais dans l’article ils disent qu’on utilise des produits chimiques pour le textile de bambou. »

C’est parfaitement exact, pour rendre la fibre à la fois douce et absorbante, on utilise des produits chimiques, notamment la lessive de soude (comme pour la fabrication des savons par saponification à froid artisanaux), pour accélérer la décomposition de la fibre et qu’elle soit plus douce.

MAIS c’est exactement le même procédé qui est utilisé pour toutes les matières viscoses, comme la viscose d’Eucalyptus (Tencel), ou la viscose de chanvre voire de coton (eh oui, le coton aussi) ou la transformation cellulosique comme…. le papier toilette, l’essuie-tout ou les mouchoirs en papier que vous utilisez tous les jours. Et encore pour ces derniers, ça doit être pire, parce qu’ils ne se défont même plus quand on les passe accidentellement dans la machine à laver.
Je vous laisse enquêter vous-même sur ce dernier sujet, il y a longtemps que je suis revenue au bon vieux mouchoir en tissu.

En ce qui concerne le chanvre, quand il n’est pas traité sous forme de fil viscose, il doit subir une étape relativement longue de rouissage. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Rouissage)
Le tissu qui en résulte est très abrasif, au point de casser les aiguilles des machines à tisser, et des machines à coudre, même industrielles, je le sais, j’ai testé !

« Ok ! Mais ton tissu de bambou il vient d’où ? »

Je l’achète à un grossiste français sérieux. Il a été tissé en Turquie, dans une usine spécialisée dans les tissus de puériculture, donc très exigeants côté normes, à partir de fils en provenance de Chine. Il est certifié Oekotex-100 classe 1, ce qui garantit l’absence de produits toxiques pour la peau selon le niveau d’exigence requis pour la puériculture.

Pour moi le bambou, certifié Oekotex-100 classe 1, reste le meilleur compromis, aujourd’hui, entre grande absorption, durabilité, et culture raisonnée, même si le bilan carbone et chimique reste à améliorer.

Je vous promets d’utiliser une matière « licorne » (voir mon paragraphe d’introduction) dès que je mettrai la main dessus. 😀

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